Journées du patrimoine, 9-10 septembre 2023

9-10 septembre Journées du patrimoine sur le thème « Réemploi et recyclage ».

Pro Novioduno tiendra un stand au Château, qui est inclus dans le programme officiel des Journées du patrimoine.

Programme des animations « Nyon, des pierres bimillénaires » :

  • Au Château de Nyon, visites libres et guidées, ateliers enfants en continu
  • En ville, visites guidées : samedi et dimanche de 10h à 11h30, et de 13h30 à 15h, avec Malika Bossard et Catherine Schmutz « À la découverte des pierres romaines en ville de Nyon ». Départ : Musée romain. Arrivée : Musée du Léman

Nyon a été érigée sur une ville romaine, en réemployant ses pierres calcaires. Ainsi les soubassements du temple ou de la tour César ont bénéficié de ces matériaux de qualité, facilement identifiables. Des éléments décoratifs romains, moins connus, parsèment aussi les façades des maisons, à découvrir lors de quatre balades.

  • Samedi 15h, Musée du Léman : Conférence de Célia Küpfer, doctorante Epfl « Béton de réemploi : histoire et potentiel d’une pratique architecturale bas-carbone méconnue ». Sur inscription https://museeduleman.ch/
  • Dimanche 15h, Musée du Léman : Chorale participative tout public “Singin’the lake”

Menace sur la colline de la MURAZ

Gregory Balmat, La Côte, 8 juin 2023

Nyon: des nouvelles villas projetées à la Muraz font jaser. Un propriétaire souhaite construire trois maisons sur sa parcelle de la colline de la Muraz à Nyon. Le projet n’en est qu’à ses débuts, mais déjà la résistance s’organise.

La colline de la Muraz est un lieu d’exception dont les caractéristiques sont protégées par l’ISOS. Michel Perret

Trois petites villas contiguës projetées sur une parcelle constructible vierge de tout bâtiment. Pas de quoi s’en relever la nuit, a priori. Sauf quand la parcelle en question se trouve sur la colline de la Muraz, ce quartier nyonnais aux allures de havre de paix, niché au cœur de la cité.

C’est justement le projet de Jean-Pierre Bertholet, propriétaire foncier, et de l’architecte nyonnais François-Joseph Z’Graggen. Une «autorisation préalable d’implantation» est soumise à l’enquête publique jusqu’au 25 juin. Et il n’y a pas besoin d’être devin pour prédire qu’elle fera l’objet d’oppositions.

Urgent d’attendre?

La première est même déjà tombée: l’association centenaire Pro Novioduno, qui veille sur le patrimoine nyonnais, a signé la sienne la semaine dernière. Il est fort probable qu’elle sera rejointe par celle d’un collectif citoyen constitué d’habitants de la Muraz, qui s’était déjà opposé, en 2017, à un précédent projet du même propriétaire.

“L’implantation des trois villas respecte l’idée d’un tissu discontinu de bâtiments autour du cœur du quartier.” François-Joseph Z’Graggen, architecte nyonnais

Mais que reproche Pro Novioduno à ces constructions plutôt modestes (trois fois 100 m2 habitables répartis sur deux niveaux)? L’association pointe notamment la nécessité de préserver l’un des derniers îlots de verdure du centre-ville. «Un plan d’affectation de la colline de la Muraz doit être mis à l’enquête début 2024, il est à notre sens urgent d’attendre la fin de ce processus afin de savoir ce qu’il sera possible d’y construire ou pas», développe Vincent Guillot, président de Pro Novioduno.

Un projet dans les clous

C’est là que réside la complexité de ce dossier. Un nouveau plan d’affectation est effectivement dans les tuyaux. Attendu de longue date, ce dernier a dû être adapté en cours de route à l’évolution de l’application de l’inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger (ISOS). Et L’ISOS identifie la colline de La Muraz comme ensemble à préserver.

Selon François-Joseph Z’Graggen les trois maisons en projet respectent le futur plan d’affectation. «En 2017, la surface habitable était de 435 m2, elle est de 296 aujourd’hui. Et leur implantation respecte l’idée d’un tissu discontinu de bâtiments autour du cœur du quartier», expose l’architecte qui a de nombreuses réalisations patrimoniales nyonnaises à son actif, dont la rénovation de la ferme du Manoir.

Reste encore à attendre la fin de l’enquête publique pour connaître l’ampleur des oppositions. Ensuite, la balle sera dans le camp de la Municipalité qui pourrait refuser la délivrance du permis de construire si elle juge que le projet n’est pas compatible avec le futur plan d’affectation.

Découverte du patrimoine arborisé

SAMEDI 3 JUIN 2023

Balade avec M. Sylvain Meier, Ing. forestier EPFZ, membre de notre comité, accompagné de M. Pascal Bodin, chef du Service de l’environnement de la Ville de Nyon.

Un patrimoine à respecter – Des espèces en danger – L’arbre en ville, un atout

Pendant cette promenade, de la place devant le Centre commercial de La Combe à 9H30, jusqu’à midi, nous allons découvrir les arbres le long de la route de Saint-Cergue – chemin de Bourgogne – chemin des Plantaz – avenue Cortot.

Prix à payer sur place CHF 10.- pour les membres, CHF 15.- pour les non-membres

Renseignements et inscriptions : g.dallafavera [at] bluewin.ch 

Béatrice Lovis : la situation du patrimoine vaudois empire

«En six ans, la situation du patrimoine vaudois a empiré»

La chercheuse remet les rênes de la section vaudoise de Patrimoine suisse. Elle tire un bilan contrasté de la protection de nos vieilles pierres.

Erwan Le Bec

Publié: 12.04.2023, – 24 Heures – ©Florian Cella/24H

Béatrice Lovis a incarné pendant six ans la défense du patrimoine vaudois, avec un accent de plus en plus marqué vers le patrimoine vernaculaire, le plus menacé selon elle.

L’historienne de l’art a débarqué à Patrimoine suisse au lendemain de deux affaires dont le souvenir résonne encore chez les défenseurs des vieillies pierres: la vente du mobilier du château d’Hauteville et l’affaire de la muraille d’Avenches menacée par un projet de grande surface Ikea. Béatrice Lovis remet à la députée socialiste Muriel Thalmann son titre de présidente de la dynamique section vaudoise six ans plus tard. Au lendemain d’une défaite retentissante face à la reconversion d’un îlot vigneron à Blonay.

La défense du patrimoine, ça ne s’arrête jamais?

Disons que quand j’ai commencé, notre commission technique, qui surveille les mises à l’enquête, déposait environ quinze oppositions par an. Elle en est à une cinquantaine, sur les 400 dossiers étudiés, sans compter les séances de conciliation. Notre activité suit plutôt une courbe exponentielle.

Ce n’est pas votre sensibilité qui augmente?

Probablement aussi. Nous faisons de plus en plus attention au patrimoine industriel ou du XXe. Mais il y a surtout la pression immobilière provoquée par la LAT. La conséquence, c’est une densification qui entraîne beaucoup de destructions dans les centres. S’y ajoute l’énorme pression pour isoler énergétiquement les bâtiments, trop souvent au détriment de leur qualité architecturale.

La révision de la loi sur la protection du patrimoine devait pourtant améliorer les choses…

Disons que cette loi a évité le pire. Mais l’énorme retard du recensement architectural du canton n’aide pas les communes à mieux protéger leur patrimoine. Résultat: un nombre important de bâtiments passent sous les radars et sont détruits ou dénaturés. Les communes ont elles-mêmes du retard dans la révision de leurs plans d’affectation et souvent leurs règlements n’ont pas encore intégré des mesures de protection de leur patrimoine local ou une notion aussi fondamentale que l’ISOS. Certaines communes méritent de vrais bonnets d’âne, d’autres comprennent l’intérêt architectural ou même touristique de leur bâti et se démènent pour le protéger.

Attendez, on a fait voter au Grand Conseil une série d’instruments de protection du patrimoine local, avec des notions de périmètres notamment. Pour rien?

La notion de «périmètre» est vague… À voir comment ce sera réellement appliqué. Le Canton attribue depuis peu des valeurs de site qui permettent de mieux protéger des notes 3 et 4 (ndlr: l’essentiel du bâti villageois ou urbain), ce qui est une bonne chose.

Et les architectes?

Disons-le franchement, il y a un problème de formation, dont les EPF sont coresponsables. L’étude de l’architecture régionale et de sa restauration devrait être un élément essentiel de l’enseignement! Mais on se retrouve trop souvent avec des projets de transformation dont le niveau est simplement mauvais: c’est le cas de nombreuses rénovations de fermes, malheureusement… À leur décharge, les maîtres d’ouvrage et la pression de la rentabilité sont aussi là. On leur demande de caser dix appartements dans un bâtiment historique qui devrait en contenir deux fois moins. Pareil pour les rénovations énergétiques. On voit un recours quasi systématique à des fenêtres en PVC et à de l’isolation périphérique en polystyrène comme s’il s’agissait d’une solution miracle. Où est la logique? Si nous renoncions à nous chauffer à 20 degrés en permanence, cela résoudrait bien des problèmes.

Justement. Avec des affaires comme celle des fenêtres de l’école de Valbroye, l’image des défenseurs du patrimoine, qui passent pour des pénibles, ne s’est pas améliorée…

Mis à part le fait que l’attitude de la Commune de Valbroye est une honte, notre association souffre effectivement d’un déficit d’image. Pourtant, sous ma présidence, nous avons organisé des dizaines de visites gratuites. On a ouvert le château de l’Aile à Vevey lors de l’opération Clou rouge en 2018 qui a attiré 2000 visiteurs. Notre siège à La Doges (ndlr: domaine dominant La Tour-de-Peilz) offre des visites de très bonne qualité. Mais notre image et celle du patrimoine sont en train de changer. Des jeunes architectes nous rejoignent. De plus en plus de citoyens sont préoccupés par ce qui se construit à côté de chez eux. Il faut reconstruire le lien qui s’est perdu avec la culture du bâti.

Comment ça?

La Suisse a des problèmes de riches. Plutôt que d’entretenir ce qui nous a été confié, on préfère raser et reconstruire à neuf. Le problème est là: arrêtons de démolir! On se retrouve avec des quantités industrielles de déchets de chantier. En fait, patrimoine et écologie sont deux notions indissociables.

Béatrice Lovis.

©Florian Cella/24H

Quel souvenir allez-vous garder des années Broulis?

C’était une période compliquée, avec des budgets insuffisants. Il a fallu que des pierres tombent la veille du Festival de la Cité et que Notre-Dame de Paris brûle pour que des crédits se débloquent tout à coup pour la cathédrale de Lausanne… Pascal Broulis avait néanmoins un réel sens de l’écoute, nous avons réussi à trouver des terrains d’entente.

Et vos réussites ou échecs personnels?

Notre association a connu des échecs parfois décourageants. Mais des victoires, nous en avons eu aussi, par exemple avec les curesque le Canton n’a finalement pas pu brader au plus offrant. Le forum sur la transition énergétique a été un succès l’an passé et a permis de mettre en relation plusieurs acteurs qui avaient jusqu’alors un peu de la peine à dialoguer.

Vos projets pour la suite?

Je reste au comité. Sinon, je vais enfin avoir du temps pour publier ma thèse et faire de la recherche.

Pro Noviduno a un nouveau président

L’Assemblée générale a élu un nouveau président le 31 janvier 2023. Après 18 ans à la tête de Pro Novioduno, Georges Darrer a passé la main. Vincent Guillot, nyonnais de souche, archiviste de formation, a repris le flambeau. Deux nouveaux membres, Marine Scheidegger, développeuse d’affaire dans une compagnie de drones, et Sylvain Meier, ingénieur forestier impliqué dans l’Arboretum National du Vallon de l’Aubonne, ont rejoint le comité.

Georges Darrer et Vincent Guillot ont été interviewés par NTV le 2 février