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Perdtemps
Juin 2023 Pro Novioduno a transmis au canton le fruit d’une cinquantaine d’heures de travail: une étude historique fouillée du site de Perdtemps, notamment de ses murs, de ses escaliers et de ses arbres. Forte de ses découvertes, l’association assortissait son envoi d’une demande de révision du recensement du site. Voir les articles de la Côte du 25 août 2023 : page 1, page 2. Le canton a répondu favorablement, en classant l’entièreté de Perdtemps en note 2.
6 mars 2024 : Place Perdtemps : la Municipalité revoit son projet “Pleine Terre”, abandonnant notamment la galerie marchande et la médiathèque. C’est en partie suite à la classification de la place Perdtemps comme patrimoine cantonal.

Colline de la Muraz
(article de Gregory Balmat, La Côte, 8 juin 2023)
Trois petites villas contiguës projetées sur une parcelle constructible vierge de tout bâtiment. Pas de quoi s’en relever la nuit, a priori. Sauf quand la parcelle en question se trouve sur la colline de la Muraz, ce quartier nyonnais aux allures de havre de paix, niché au cœur de la cité. C’est justement le projet de Jean-Pierre Bertholet, propriétaire foncier, et de l’architecte nyonnais François-Joseph Z’Graggen. Une «autorisation préalable d’implantation» est soumise à l’enquête publique jusqu’au 25 juin. Et il n’y a pas besoin d’être devin pour prédire qu’elle fera l’objet d’oppositions.

La première est même déjà tombée: l’association centenaire Pro Novioduno, qui veille sur le patrimoine nyonnais, a signé la sienne la semaine dernière. Il est fort probable qu’elle sera rejointe par celle d’un collectif citoyen constitué d’habitants de la Muraz, qui s’était déjà opposé, en 2017, à un précédent projet du même propriétaire.

“L’implantation des trois villas respecte l’idée d’un tissu discontinu de bâtiments autour du cœur du quartier.” François-Joseph Z’Graggen, architecte nyonnais

Mais que reproche Pro Novioduno à ces constructions plutôt modestes (trois fois 100 m2 habitables répartis sur deux niveaux)? L’association pointe notamment la nécessité de préserver l’un des derniers îlots de verdure du centre-ville. «Un plan d’affectation de la colline de la Muraz doit être mis à l’enquête début 2024, il est à notre sens urgent d’attendre la fin de ce processus afin de savoir ce qu’il sera possible d’y construire ou pas», développe Vincent Guillot, président de Pro Novioduno.

C’est là que réside la complexité de ce dossier. Un nouveau plan d’affectation est effectivement dans les tuyaux. Attendu de longue date, ce dernier a dû être adapté en cours de route à l’évolution de l’application de l’inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger (ISOS). Et L’ISOS identifie la colline de La Muraz comme ensemble à préserver.

Selon François-Joseph Z’Graggen les trois maisons en projet respectent le futur plan d’affectation. «En 2017, la surface habitable était de 435 m2, elle est de 296 aujourd’hui. Et leur implantation respecte l’idée d’un tissu discontinu de bâtiments autour du cœur du quartier», expose l’architecte qui a de nombreuses réalisations patrimoniales nyonnaises à son actif, dont la rénovation de la ferme du Manoir.

Reste encore à attendre la fin de l’enquête publique pour connaître l’ampleur des oppositions. Ensuite, la balle sera dans le camp de la Municipalité qui pourrait refuser la délivrance du permis de construire si elle juge que le projet n’est pas compatible avec le futur plan d’affectation.